Née à Limoges en 1955, Catherine Bernis vit et travaille entre Paris et le Limousin. Formée dans un grand atelier de restauration parisien et adepte du dessin, elle a acquis une connaissance intime des techniques, des outils et des matériaux, en particulier du papier.
Sa démarche est une recherche constante de tout ce qui peut constituer un paysage, des paysages semblables à des rivages tout comme ses sculptures semblables à des météorites qui nous invitent au voyage et à la méditation. Par son travail patient de la matière, substance principale de son langage, l’artiste donne vie à des îles et à des mondes physiques et poétiques, à la fois isolés et connectés, toujours empreints d’une grande sensibilité.
En parallèle à cette oeuvre elle tient toujours des carnets qui sont un laboratoire de travail indispensable à sa quête.
Sélection d’expositions :
– 2025 “Catherine Bernis monde(s) de papier et de porcelaine“ – Musée national Adrien Dubouché (Limoges).
– 2023 série “Formes“ – Galerie Pixi – Marie Victoire Poliakoff (Paris)
– 2022 série “(m)mondes“ – Galerie Papiers d’Art (Paris)
– 2021 série “Eléments“ – Galerie Papiers d’Art (Paris)
– 2018 série “Monades“ pour l’exposition “Women on Paper“ L’Espace de l’Art Concret – Centre d’art contemporain (Mouans-Sartoux)
– 2016 exposition “La peau des choses“ – Galerie Pixi – Marie Victoire Poliakoff (Paris)
– 2015 série “Fonds marins“ – Institut Français de Slovaquie (Bratislava)
– 2011 série “Chaos“ – Galerie Artset (Limoges)
– 2007 Voyage et exposition – (Cuba)
– 2005 Galerie A Contrario (Limoges)
Parcours depuis 2005 :
Dans son évolution minimaliste vers l’élimination, elle s’intéresse au blanc. Le blanc qui, dans son exposition La ville (Galerie A Contrario, Limoges, 2005), recouvre et englouti la ville, les personnes et les structures. Lors de son voyage à Cuba, où elle expose en 2007, l’île de l’espoir, elle rencontre les artistes locaux et prend conscience de l’engagement et du risque qu’induit la création, affirmant ainsi sa responsabilité en tant qu’artiste. En 2011, dans sa série Chaos qu’elle expose à la Galerie Artset Limoges, Catherine Bernis met fin à la figuration, et s’oriente vers une peinture quasi abstraite, mêlant mouvement, sentiments et volumes. Le travail de l’artiste est désormais dominé par la matière et le geste. Le tournant vers l’abstraction semble inévitable, comme en témoigne son exposition Fonds marins à L’institut Français de Slovaquie – Bratislava – 2015, avec une œuvre évoquant des fonds marins où seules les textures soutiennent la légèreté de ces paysages. Son langage est alors consolidé : la matière devient l’essence même de son travail, elle en définit les formes, avec une prédilection pour le blanc, comme on peut le constater dans l’exposition la Peau des choses à la Galerie Pixi-Marie Victoire Poliakoff, Paris, 2016. à l’Espace de l’Art Concret, centre d’art contemporain à Mouans-Sartoux, 2018, elle présente la série Monades : sculptures sur papier où le volume et ses conséquences créent des ombres et des vides, des territoires dépourvus d’échelle, attestant la liberté d’une œuvre qui n’a pas besoin de la narration et du symbolisme pour exister en tant que telle. Au printemps 2020, dans la solitude de son atelier, elle élabore son propre plan d’évasion, une fuite à l’intérieur d’elle-même. C’est au cours de ce temps de confinement, que surviennent les paysages intérieurs. Elle repousse les limites de ses recherches sur le papier en le mettant à l’épreuve de l’eau, des incisions, des pigments et du séchage, fertilisant ainsi la matière, qui se couvre de géométries mystérieuses. Travail qu’elle montre à Paris en février, Éléments, 2021, Galerie Papiers d’Art. Dans sa série (m)ondes, Galerie Papiers d’Art, Paris, 2022, lignes et fibres, sont au cœur des recherches plastiques de l’artiste, qui parvient à rythmer le dessin, la matière et la pensée. Lignes et reliefs sont tracés comme une grande page d’écriture. Avec l’exposition Voler et nager, Galerie Papiers d’Art, 2023, les univers de l’air et de l’eau se confrontent aux éclats incandescents de couleurs. L’artiste explore le papier sans relâche, pour dévoiler la multiplicité et la richesse de cette matière.
Sa qualité protéiforme lui permet de donner naissance à des œuvres à mi-chemin entre le dessin, la peinture et la sculpture. Avec la série “Formes“, Galerie Pixi 2023 – Paris, la couleur prend toute sa force.
Entre 2023 et 2024, attirée par les similitudes entre la blancheur et les aspérités de la porcelaine à l’état brut avec les formes et les propriétés physiques de ses œuvres en papier, elle explore, accompagnés par quelques passionnés, ce nouveau médium , le Kaolin, résultat montré lors d’une exposition monographique Catherine Bernis, monde(s) de papier et porcelaine au Musée national Adrien Dubouché, 2025.
Catherine Bernis est représentée à Paris, par la galerie Papiers d’Art-Yuri Levy et la galerie Pixi-Marie Victoire Poliakoff.
Ont écrit sur son travail :
– Elsa Bachelard, conservatrice du patrimoine et commissaire de l’exposition, “monde(s) de papier et de porcelaine” au musée national Adrien Dubouché
– Jeanette Zwingenberger (Historienne de l’art),
– Matthieu Gounelle (Professeur au Museum national d’Histoire naturelle),
– Jérôme Felin (conseiller artistique DRAC Limousin),
– Amélie Aranguren (commissaire indépendant).
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Catherine Bernis was born in 1955 in Limoges. She lives and works in Limoges and Paris.
Materials define the form of Catherine Bernis’s work. Her approach involves a constant exploration of everything that concerns landscape. She creates imaginary landscapes that reflect what the interior spirit and the outside universe have in common.
Using her extensive technical training in old master restoration, she reappropriates the tools, materials, and products from that world, creates fresh versions of them, and invents new forms and formats.
Her personal style has evolved over the course of various exhibitions in France and abroad, bringing together her understanding of nature, her interest in science and her inner explorations, to produce a deeply spiritual body of work.
She moved to Paris in 1973 but quickly fled the city to live for two years in the Cotentin peninsular in Normandy. She then crisscrossed the country in a campervan before finally returning to the Limousin.
Bypassing the cosmopolitan world of the 1980s, she adopted a more introspective lifestyle, in close contact with nature, and gave up picture restoration to concentrate fully on her own creative work.
As it evolved in a minimalist direction, with the elimination of many elements along the way, she became increasingly attracted to working with the colour white. A white which, in her exhibition La ville (Galerie A Contratrio, Limoges 2001), shrouded and consumed the city, its inhabitants and its forms.
During a journey to Cuba, where she exhibited in 2007 L’ile de l’espoir, she met local artists and began to fully appreciate the commitment and the risk that creativity imposed, thus asserting her own sense of responsibility as an artist.
In 2011, the series Chaos, that she exhibited at the Galerie Artset in Limoges, signalled the end of her figurative approach, as she concentrated more on an almost abstract style of painting, that combined movement, feeling and volume.
From then on, her work was dominated by the choice of material and how it was used and applied.
Progression towards complete abstraction seemed inevitable, as her 2015 exhibition Fonds marins at the Institut Francais de Slovaquie in Bratislava showed, with work showing underwater scenes where only the textures defined the delicacy of these landscapes.
Her style was thus formed: the choice of material becoming the very essence of her work, defining the form, with a preference for the colour white, as we can see in the exhibition La Peau des choses at the Galerie Pixi-Marie Victoire Poliakoff in Paris in 2016.
In L’Espace de l’Art Concret, at the Centre d’Art Contemporain in Mouans-Sartoux, in 2018, she presented the series Monades: paper sculptures where the volume and their forms created shadows and gaps, creating limitless worlds, demonstrating the freedom of a work that does not need to tell a story, nor symbolize something, in order to exist in its own right.
In Spring 2020, in the solitude of her studio, she plotted her own escape route, a flight into her own consciousness.
It was during this time of confinement that the inner landscapes emerged.
She tested the limits of her work with paper by subjecting it to water treatment, incisions, pigments and drying, thus enriching the base material, producing mysterious geometries.
This work was shown in Paris in February, Éléments, 2021 at the Galerie Papiers d’Art.
In the series (m)ondes, shown in Paris in 2022 at the Galerie Papiers d’Art, the use of lines and fibres were at the heart of her visual work, which provided structure and form for the drawing, the material, and the thinking behind it. Lines and contours are set out like a large page of handwriting.
In the exhibition Voler et nager at the Galerie Papiers d’Art in 2023 the worlds of air and water collide with incandescent bursts of colour.
The artist experiments relentlessly with the medium of paper, revealing the richness of this material. Its flexibility allows her to produce works that are at a midpoint between drawing, painting, and sculpture.
In parallel to her main body of work, Catherine Bernis always works with notebooks. They are a real experimental research laboratory, crucial in the development of her work.
Early on she used them to remind herself what she had been reading, what she had been seeing. They allowed her to remain alert, to capture things, to give form to her feelings and her enthusiasms.
They have become an integral part of her work: the bedrock of her art.
Have written about his art: Amélie Aranguren (curator), Matthieu Gounelle (Professor at the National Museum of Natural History) and Jeanette Zwingenberger (Art historian).
Is represented in Paris by the PAPIERS D’ART-Yuri Levy gallery and the PIXI Marie Victoire Poliakoff